Autant en emporte le vent

Événement organisé par Pique-Nique

Janick Rousseau / Max-Antoine Proulx

Trophée de chasse

 

Les projets performatifs imaginés par le couple Proulx-Rousseau, un duo d’artistes également en ménage dans la vie, s’articulent autour des stéréotypes caractérisant les genres masculin et féminin. Inspirés pour Autant en emporte le vent par la rivalité des sexes, ils tournent en dérision les comportements attendus du sexe fort et du sexe faible, mêlant les cartes au point où il n’est plus si simple de comprendre qui est en position de pouvoir ou de sujétion. Les scènes, performées pour la caméra et créées dans l’installation présentée aux abords de la grange, suggèrent une narration sans pour autant raconter une histoire à la finalité définie. S’y joue une chasse amoureuse où la femme, associée à la proie convoitée, porte pourtant un panache, une parure généralement arborée par les cervidés mâles. Évoquant autant la joute physique que sexuelle, l’étreinte qui s’ensuit, dont le niveau de consentement paraît discutable, se dispute sur le capot d’un « minivan » – un véhicule qui n’a rien de particulièrement macho et correspondrait plutôt à l’image du gentil père de famille. Tantôt séductrice ou dominatrice, tantôt victime ou objet, le personnage féminin passe d’une position de force à une position de subordination au même rythme que le personnage masculin, qui chausse parfois les souliers de l’esclave, parfois ceux du bourreau. Carabine à plomb, boîtes de conserve, fourrure, maquillage aguichant et provocateur sont autant de symboles empruntés par le couple qui, de la scène du champ à celle du moulin, propose des installations qui traduisent l’avant et l’après d’un match projeté sur grand écran, se clôturant par un passage à l’acte au touché vainqueur… ou non.