Autant en emporte le vent

Événement organisé par Pique-Nique

Patrick Bérubé

Adaptation


 

Les projets de Patrick Bérubé empruntent les voies de l’humour et de l’ironie pour faire réfléchir aux contradictions et insatisfactions de la vie quotidienne, qui trahissent un sentiment de vulnérabilité et d’insécurité face à des situations où l’individu n’est pas totalement en contrôle. Exemplaire de sa démarche, l’œuvre Pas de chance (2010) rappelle qu’il y a toujours deux côtés à une situation : un lapin estropié joue sur l’idée contradictoire de la patte de lapin comme porte-bonheur, alors que sans sa patte, le lapin est clairement désavantagé. Essentiellement inscrites dans les domaines de la sculpture, de l’installation et de l’intervention publique, ses œuvres tirent généralement parti des contraintes des lieux dans lesquels elles sont présentées, qui viennent nourrir l’interprétation qu’on peut en faire. Une petite plante pixélisée pousse au cœur d’un champ. Spécimen rare, elle est entourée d’un périmètre de sécurité éclairé afin qu’elle soit surveillée jour et nuit. Évoquant les manipulations génétiques, le clonage, les avancées technologiques permettant des phénomènes de simulations artificielles, la plante, qui mime les caractéristiques d’un échantillon naturel, est exogène à son contexte mais y survit. Une petite pousse naturelle à la force surnaturelle réussit à traverser le béton du sous-sol du Moulin et croît tranquillement à l’intérieur du bâtiment. S’adaptant à son environnement, elle est protégée de toute manipulation par des cordons de sécurité. Le désir d’omnipotence de l’être humain, qui s’exprime notamment dans le domaine de la biotechnologie, est ici exemplifié par l’entremise d’une situation ludique. Elle met en lumière les conséquences que la culture d’un sentiment de toute-puissance peut engendrer sur l’équilibre physique et psychologique de l’individu, mais également sur son environnement immédiat.