Autant en emporte le vent

Événement organisé par Pique-Nique

Mathieu Lacroix

Point de chute, 2012


La société de consommation, caractérisée par la surenchère d’emballages et l’accumulation de boîtes de carton synonymes du transport des marchandises, du processus de délocalisation mais également de la culture du jetable, est à la source de la réflexion artistique de Mathieu Lacroix. Ironiques et acerbes, ses œuvres prennent la forme de mises en scène insolites ou de dessins techniques aux finalités vaines qui questionnent la logique sous-tendant le contexte d’escalade des désirs perçus comme des besoins. Sur un ton moqueur, Point de chute parodie une situation de parachutage d’aide humanitaire, faisant du champ de Saint-Casimir un environnement difficile d’accès. L’observation des pictogrammes identifiant le contenu des boîtes larguées du haut des airs permet de constater que les besoins essentiels auquel le fret est supposé répondre sont plutôt secondaires, voire dérisoires : du mobilier à assembler, probablement endommagé par la chute, dispersé dans le paysage. Regards cyniques sur le mode de vie occidental et sur les choix de la classe moyenne se conjuguent ici avec une critique de la position de sauveur et du ton impérialiste qui sont caractéristiques des interventions entreprises par les pays de l’Ouest dans les territoires moins choyés, ne prenant pas toujours en compte le contexte et les besoins réels de ces populations. À moins qu’il ne s’agisse d’une métaphore caricaturale de l’attitude parfois suffisante du milieu culturel, qui ne jure que par ses grands centres et n’accordent que peu d’attention aux activités organisées par les centres régionaux, ces « zones difficiles d’accès » ?