Autant en emporte le vent

Événement organisé par Pique-Nique

Marie-Hélène Plante

Chercher la forme, perdre le message


 

Mise en lumière et amplification de circonstances familières et de lieux communs : cette attitude est à la source de la démarche de Marie-Hélène Plante. Par ses micro-interventions textiles infiltrant le quotidien, elle vise à améliorer, à restaurer ou tout simplement à nous amener à reconsidérer la fonction et la valeur des biens qui nous entourent. Louables et ludiques, ses gestes ont ultimement pour but d’augmenter la qualité de vie de ses concitoyens. Après s’être attaquée au confort des lieux publics en rembourrant des bancs de parc ou en mettant à disposition des coussins faits main, c’est sur la pollution visuelle causée par la prolifération de soucoupes et autres antennes paraboliques sur les façades et les toits qu’elle jette son dévolu. Véritables parasites surchargeant le paysage, ces appareils circulaires sont révélateurs d’une tendance sociale universelle : celle de notre obsession et de notre dépendance envers les appareils de télécommunication. Qu’elles soient d’échelle domestique ou commerciale, servant à capter ou à diffuser, ces antennes sont devenues essentielles à notre mode de vie, tant dans les milieux urbains que ruraux. Attaqué, un coin du Moulin est infesté par une variété de soucoupes vertes, grimpant le long du mur et investissant le mobilier. Telles des moisissures incontrôlables, elles évoquent des chapeaux de champignons renversés – ces végétaux qui vivent parfois en parasite, c’est-à-dire au dépens d’un hôte auquel ils portent préjudice sans pour autant le détruire. Des antennes d’allure métalliques, usinées, pullulent sur la grange : une autre variété, un même effet.