Autant en emporte le vent

Événement organisé par Pique-Nique

Karine Payette

Nord

 

La charpente d’une maison en construction de la taille d’une maquette est présentée sur des pilotis. Aucune ouverture ne semble planifiée dans la structure mais une coupe franche nous permet d’apercevoir un homme dans la cinquantaine, assis au centre d’un salon tapissé, réchauffé par un feu de foyer au-dessus duquel trône un trophée de chasse. Brandissant sa carabine à la moindre occasion, l’homme semble nerveux bien qu’il soit protégé par sa demeure. L’installation présentée au Moulin de Deschambault-Grondines est mise en abîme à la grange de Saint-Casimir, qui devient en quelque sorte la structure abritant le chasseur. Tendue dans une des ouvertures, une toile permet que la vidéo soit projetée en grandes dimensions, rendant possible un quasi face à face entre le personnage et son spectateur. Craquements et bruits étouffés provenant du dehors infiltrent la trame narrative et paraissent justifier la crainte du personnage, perpétrant des gestes imprévisibles en direction de l’intrus qu’est le visiteur circulant autour de la grange. Alors que la maquette permet au spectateur de s’imaginer la tension qui habite le chasseur et de constater la fragilité des murs censés lui procurer un sentiment de sécurité, l’œuvre à Saint-Casimir propose une véritable expérience transformant le visiteur en acteur d’une histoire aux motivations vagues. Nord prend ainsi une dimension qui rejoint les nouvelles avenues empruntées par le travail de Karine Payette. Intéressée plus généralement par les relations tissées entre l’être humain et son habitat, elle se tourne maintenant vers des mises en scène à échelle humaine où réalité et fiction se rencontrent et se contaminent.