Autant en emporte le vent

Événement organisé par Pique-Nique

Guillaume La Brie

Petite et grande réorganisations, 2012


Une interrogation du geste sculptural, du rapport entre objet et architecture ainsi que du concept de l’in situ sont les paramètres au centre de la réflexion artistique de Guillaume La Brie. Son travail, davantage motivé par des considérations formelles, emploie souvent des éléments de mobilier qui deviennent des masses, des volumes ou des formes occupant un espace donné. Cet espace agit généralement comme contrainte au sens où l’objet doit littéralement se plier aux particularités architecturales de l’endroit où il se trouve. À l’emplacement de la grange, une entaille creuse le sol. Une surprise attend celui qui la suit des yeux, s’approchant du bâtiment de ferme pour y découvrir une impasse : un amas de gazons arrachés formant une boule bloque une des entrées. Le tracé apparaît tout à coup non plus comme l’amorce d’une solution d’aménagement du lieu mais comme un sillon révélant un manque, une cicatrice marquant le paysage. Au Moulin, une parcelle du plancher de ciment semble avoir été creusée à la main. Aux côtés de l’espace négatif s’agglutine en un petit monticule sphérique la matière résiduelle retirée. Que regardons-nous ? Est-il possible que, tout comme aux granges, le résultat que nous observions ne corresponde pas vraiment à la réalité, et que ce qui paraît d’abord comme une excavation – un sillon dans le plancher – n’ait été rendu possible que par une action inverse de remblayage ? Par ses œuvres, La Brie nous rappelle que les apparences sont parfois trompeuses.